Les liens entre l'Eglise et l'Etat se trouvent dans une période de transition. Encore aujourd'hui, selon la constitution suédoise, le Parlement (riksdag) est seul abilité à promulguer les lois du royaume. Ceci s'applique également depuis 1983 aux lois qui régissent l'Eglise. Le Synode Général peut cependant s'exprimer, à titre consultatif.
STUCTURES ECCLESIALES ET LEGISLATION
Compte tenu des liens entre l'Eglise et l'Etat, le Parlement et le Gouvernement sont encore responsables pour toute question relative aux structures fondamentales de l'Eglise et pour les questions financières. Le gouvernement nomme, en dernière instance, les évêques et les titulaires de la chaire des cathédrales (domprost). Tout changement de la loi règlant l'appartenance à l'Eglise de Suède ne peut se faire qu'en collaboration avec le Synode Général.
Une nouvelle Ordonnance Ecclésiastique (kyrkolag) remplaçant celle de 1686 a été adoptée en 1992. Elle régit la question de l'appartenance à l'Eglise de Suède, les questions d'organisation, du personnel et des propriétés de l'Eglise. Elle fonctionne comme un cadre. Quant à la vie intérieure de l'Eglise elle est régie par des lois canoniques (Svenska kyrkans författningssamling) qui dépendent du Synode Général.
De fait, l'influence de l'Etat sur les affaires ecclésiastiques est assez limitée, et un plus grand désir se fait jour de remplacer les lois civiles par des lois canoniques. Une nouvelle Ordonnance Ecclésiastique est prévue. Elle sera le sommaire de toutes les règles qui régissent l'Eglise de Suède.
L'organisation de l'Eglise de Suède au niveau national
ORGANISATION SUR LE PLAN NATIONAL
Le Synode Général (kyrkomötet) est l'organe suprême de l'Eglise de Suède. Composé de 251 membres, il se réunit chaque année.Tout membre de l'Eglise de Suède (à l'âge légal) peut en être membre. Ils sont élus pour une période de trois ans par un collège électoral émanant des paroisses. De par leur fonction, les évêques doivent participer à ces synodes, mais ils n'ont pas droit de vote. Ils ont cependant le droit de parole et de proposition.
Les questions émanant du Gouvernement Suèdois ou du Comité Central (centralstyrelsen) sont débattues par le Synode ainsi que toute proposition émanant de l'un de ses membres. Toute proposition est transmise à l'une des huit commissions ad hoc. Les questions de nature doctrinale sont soumises à une commission spéciale, la Commission Doctrinale du Synode (kyrkomötets läronämnd) dont les évêques sont membres ex officio, assistés par huit membres, élus par le Synode.
Le Parlement (riksdag) a délégué au Synode le droit de décision en ce qui concerne notamment la doctrine, le recueil de cantiques (psalmbok), la liturgie, les ministères, les sacrements, les questions d'évangélisation, de diaconie, d'entraide internationale, de mission extérieure, d'activités parmi les suédois de l'étranger ainsi que la répartition des collectes dominicales durant l'année. Les décisions du Synode sont transmises au Comité Central dont l'Archevêque est président ex officio.
Le Synode et le Comité Central sont abilités à gérer les affaires de l'Eglise qui sont réglementées par la loi civile selon la Constitution du Royaume. Les questions concernant la vie intérieure de l'Eglise dépendent d'une fondation créée spécialement à cette intention: la Fondation de l'Eglise de Suède pour la Pastorale Nationale (Svenska kyrkans stiftelse för rikskyrklig verksamhet, SFRV).
Sur ce plan, c'est une Chambre des Représentants (ombudsmötet) qui gère les affaires. Il est composé des mêmes personnes que le Synode et se réunit simultanément. Ainsi se trouve garantie une coordination des différentes activités de l'Eglise. Sous le régime actuel Eglise-Etat, le Synode et son Comité Central sont donc d'ordre gouvernemental, la Fondation et la Chambre des Représentants d'ordre privé.
Un Secrétariat Général dépend directement du Comité Central. Ce Secrétariat coordonne le travail des départements d'Affaires Légales, d'Administration et Finance, de Théologie et Oecuménisme, d'Informations ainsi que de Recherches Spécialisées (qui dépend d'un comité nommé par le Comité Central).
Le conseil des Représentants dépend directement de la Chambre des Représentants et nomme les commissions des comités nationaux chargé de la Pastorale et de l'Education Chrétienne ainsi que les membres des organismes oeuvrant sur le plan international: des commissions gérant les activités des oeuvres missionnaires (Svenska kyrkans mission), l'Entraide Internationale (Lutherhjälpen) et l'Eglise de Suède à l'Etranger (Svenska kyrkan i utlandet, SKUT).
Le Synode et le Conseil Central ont comme premiers responsables un Secrétaire Général pour les affaires légales dépendant du gouvernement, le Conseil des Représentants un Secrétaire d'Eglise (kyrkosekreterare) pour les Affaires Ecclésiales. Les commissions et les secrétariats sont dirigés par des directeurs (direktor).
ORGANISATION DIOCESAINE ET PAROISSIALE
L'Eglise de Suède comprend treize diocèses, chacun placé sous la responsabilité d'un évêque. L'Archevêque, qui est également évêque du diocèse d'Uppsala, est par rapport aux autres évêques primus inter pares. Le quatorzième évêque est l'auxiliaire de l'Archevêque pour le diocèse d'Uppsala.Les évêques sont nommés par le gouvernement qui choisit parmi les trois candidats désignés en commun par les pasteurs et un collège électoral du diocèse concerné (de tous les diocèses dans le cas de l'archevêque). La Conférence Episcopale est un organe non officiel au sein duquel les évêques se concertent sur des questions d'intérêt commun.
L'Eglise de Suède compte actuellement 2.552 paroisses, regroupées en 1.116 consistoires. Un consistoire regroupe une ou plusieurs paroisses à la tête de laquelle se trouve un premier pasteur ou curé (kyrkoherde). Ils sont à leur tour regroupés en 176 doyennés.
La paroisse locale est administrée par une Assemblée Paroissiale (kyrkofullmäktige) dont les décisions sont exécutées par le Conseil Paroissial (conseil presbytéral- kyrkoråd) et le cas échéant par d'autres commissions. Le kyrkoherde est ex officio membre du Conseil Paroissial.
L'Assemblée Paroissiale est élue au suffrage direct tous les trois ans. Pour les élections à l'Assemblée Paroissiale ainsi que pour le Synode Général, les partis politiques officiels font souvent fonction de structure électorale, soutenant leur propre candidat, mais il existe aussi des groupements indépendants des partis militant lors de les éléctions.
Chaque membre de l'Eglise de Suède est soumis à un impôt ecclésiastique revenant à la paroisse dont il est membre et dont le montant est fixé par l'Assemblée Paroissiale.
Il n'y a pas de législation concernant le nombre de membres d'une paroisse. Normalement un "Pastorat", circonscription paroissiale, ne devrait pas descendre au dessous de 2 000 personnes ou dépasser les limites d'une commune.
Toutes les paroisses d'un diocèse doivent être membres d'une Association Diocèsaine (stiftssamfällighet) et dont l'objectif est d'encourager la participation des paroisses dans la formation, l'information, l'aumônerie scolaire, la musique sacrée, les activités estivales et le travail parmi les immigrants et les réfugiés.
L'organe législatif de l'Association Diocésaine est le Synode Diocésain (stiftsfullmäktige) composé d'au moins 51 délégués élus par un collège électoral dont les membres sont nommés par les paroisses au niveau des doyénnés (kontrakt). Le Conseil et ses activités sont financés par une contribution paroissiale obligatoire.
L'organe exécutif est le Conseil Diocésain (stiftsstyrelse) présidé de droit par l'Evêque. En plus de ses propres affaires le Conseil s'occupe de questions réglées par la loi, telles la création de structures pariossiales (kyrkliga samfälligheter), les limites des paroisses et des doyennés, les nominations pastorales dans le diocèse ainsi que la distribution des allocations octroyées par la Caisse de Compensation de l'Eglise (kyrkofonden), autorité crée par le Gouvernement et le Synode.
Comme dans le passé, chaque diocèse est doté d'un Chapitre Diocésain (domkapitel) dont l'Evêque est président de droit. Ces chapitres sont des organes d'Etat chargés des questions liées à la doctrine, la liturgie et les ministères. Pour la gestion des biens territoriaux de l'Eglise, ses terres et ses forêts, il existe dans chaque diocèse une Commission des Biens Ecclesiastiques (egendomsnämnd).
L'origine des biens ecclésiastiques, terres et forêts, remonte au Moyen-Age. Pour qu'une paroisse puisse se doter d'un prêtre, il fallait qu'elle ait les moyens de construire une église et un presbytère et d'assurer par la suite l'entretien de ces bâtiments et le traitement du prêtre. C'est une des raisons pour lesquelles l'Eglise de Suède gère encore aujourd'hui des forêts, des propriétés immobilières et d'autres biens dont la valeur s'élève à de plusiers milliards. La plupart de ces bâtiments sont protégés par la loi et ne peuvent être vendus.
Le budget annuel de toutes les paroisses de Suède se monte à 8 milliards de couronnes, dont 5 émane de l'impôt ecclésiastique. Grâce à la Caisse de Compensation Ecclésiale, un système a pu être établi pour soutenir financièrement les paroisses les plus défavorisées. Ce fond est alimenté par les paroisses, d'une part grâce à une contribution obligatoire, d'autre part grâce à une contribution reflétant les possibilités financières des paroisses. Les diocèses profitent aussi des allocations ainsi octroyées.