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Svenska kyrkans vapen   SON HISTOIRE

Selon des sources bien établies, le premier qui prêcha l'Evangile dans le Royaume des Svears, noyau de la Suède d'aujourd'hui, fut le moine Anschaire (Ansgar), bénédictin originaire de Picardie. C'est en 829 qu'il débarqua à Birka, centre commercial de l'île de Björkö dans le lac Maelar. Le terrain était propice, les Vikings ayant déjà été en contact avec le christianisme dans leurs expéditions vers l'Est et l'Ouest.

La christianisation de la Suède fut lente, en partie à cause de la division du pays en provinces avec rois ou chefs indépendants. Le premier roi qui, vers l'an 1000, accepta le baptême, fut Olof Skötkonung, roi des Svears et des Goths.

Le choix d'Uppsala, en 1164, comme siège de l'archevêché, fut un pas décisif pour la jeune église.

Le roi occupait une place centrale dans les sacrifices païens qui se déroulaient trois fois par an au Vieil Upsal. Le roi chrétien, par l'acte de couronnement, était lui aussi, considéré comme un personnage sacré. Le couronnement en 1210 du roi Erik Knutson par un évêque, une première, scella l'unité entre l'Eglise et l'Etat, l'évêque et le monarque.

Ces liens, cependant, ne garantissaient pas un soutien inconditionnel de l'Eglise à l'Etat, témoin le cas de Brigitte de Vadstena, Ste Brigitte (1303-1373). Elle était la fille d'un grand notable (lagman) de la province d'Upland, elle-même épouse d'un lagman et conseiller du royaume. Elle dénonça les abus de la papauté ainsi que les abus du pouvoir royal. Ste Brigitte fut canonisée en 1391.

A la fin du XIVe s. les Pays Nordiques étaient assemblés dans une conféderation. En 1520, le roi Christian II du Danemark et de l'Union Nordique, avait l'intention de faire exécuter deux évêques à Stockholm. Ce fut le signal d'un mouvement de libération nationale, tant par rapport à l'Union que par rapport à la Papauté.

Le chef du soulèvement, Gustav Vasa, fut couronné Roi de Suède en 1523. Deux frères, Olaus et Laurentius Petri, inspirés par Martin Luther et par d'autres réformateurs européens, donnèrent leur caution idéologique à cette rupture avec la Papauté et pour la création d'une Eglise Nationale Suédoise.

Ces réformateurs suédois procédèrent avec modération. On conserva une grande partie de l'ancien ordre à l'exception de ce qui pouvait être considéré comme fausse doctrine ou superstition. A la Diète (riksdag) de Västerås, en 1544, la Suède fut proclamée Royaume Evangélique. Le roi devint le premier membre de l'Eglise, mais à la différence de ce qui se passa dans les principautés allemandes, le roi ne devint jamais le summus episcopus. Déjà en 1531, Laurentius Petri fut consacré premier archevêque protestant d'Uppsala.

La Réforme fut l'origine d'un grand nombre de nouveaux livres et de manuels liturgiques. En 1530 on décida que le culte toujours appelé Messe, serait célébré en langue vernaculaire. Le Nouveau Testament fut imprimé en suédois en 1526 et la totalité de la Bible fut publié en 1541. Apparut en 1543-44 le premier recueil de cantiques en suédois (psalmbok) ainsi qu'un lectionnaire. Une nouvelle Ordonnance Ecclésiastique (kyrkoordning) fut adoptée en 1571. La Convocation d'Uppsala en 1593 marqua la fin de cette période de transition.

Au XVII s., la Suède était une des grandes puissances européennes, un état monolitique du point de vue religieux qui ne tolérait que la version suédoise de la foi évangélique. Le clergé et l'épiscopat constituaient l'un des quatre Etats du Parlement (riksdag).

Cette période est appelée celle des "grands évêques", compte tenu de la grande influence de l'épiscopat aussi bien sur l'Eglise que sur l'Etat. Ceci fut l'origine d'une tension entre le pouvoir royal et la noblesse ainsi qu'avec les autorités de l'Eglise.

La première Ordonnance Ecclésiastique d'après la Réforme fut adoptée en 1686. Selon ces articles fondamentaux, la Suède est une nation protestante et tout suédois est tenu à confesser la foi évangélique. Le pouvoir du roi s'étendit aussi à l'Eglise. Le monarque devint responsable de l'application des commandements de Dieu dans tout le royaume.

Les citoyens d'autres pays, qui pour diverses raisons résidaient dans le royaume et désiraient célébrer un autre culte que le culte luthérien, devaient le faire "dans leur maison, à volet clos et en privé". S'ils désiraient rester dans le royaume, leurs enfants devaient être élevés dans "l'authentique foi évangélique-luthérienne".

Déjà dans les premières décennies du XVIIIe s. l'uniformité religieuse était menacée par les influences piétistes venues d'Allemagne et plus tard par le Swedenborgianisme (le suédois Emanuel Swedenborg, homme de science et philosophe, fut le fondateur de "La Nouvelle Eglise", mourut à Londres en 1772 et fut inhumé en la cathédrale d'Uppsala).

Les autorités réagirent très fermement en 1726 par un édit interdisant toute réunion de caractère religieux en privé (konventikelplakatet).

L'église paroissiale et son culte dominical grand-messe (högmässa), d'habitude célébré sans communion, était encore, dans une société profondément rurale, le centre naturel des activités sociales du pays. Le clergé sut dans bien des cas élever le niveau de l'instruction religieuse de la population.

A cette époque, certains contacts furent établis entre l'Eglise de Suède et l'Eglise d'Angleterre ainsi que d'autres églises européennes. Jacob Serenius, évêque de Strängnäs (1763-76) réintroduisit la confirmation dans son diocèse à la suite de contacts avec l'Eglise d'Angleterre (la confirmation avait été supprimée avec la Réforme).

Dès 1626, à Paris, la chapelle de l'Ambassade de Suède fut un des refuges pour les protestants résidant à Paris et fut l'origine de l'Eglise Luthérienne francophone de la capitale. A Stockholm ce fut en 1784 que fut autorisée pour la première fois la célébration d'un office catholique.

Durant les XVIIIe et XIXe s., l'histoire de l'Eglise Suédoise est marquée par l'apparition de plusieurs mouvements de réveil luthériens tels le Laestadianisme dans la vallée de Torneå en Laponie (inspiré par L. L. Laestadius, 1800-1868), le Rosenianisme en Suède septentionale dans le Västerbotten, (inspiré par C-O. Rosenius, 1816-1868) et le Schartauanisme, sur les côtes occidentales suédoises (H. Schartau 1757-1825).

La tension entre l'Eglise et d'autres mouvements de réveil ainsi que des raisons théologiques amenèrent certains groupes à quitter l'Eglise de Suède et à former des "communautés libres" - ceci malgré une législation draconienne interdisant toute sécession.

A la fin du XVIIIe s. ainsi qu'au début du XIXe s. une plus grande ouverture religieuse vit le jour en Suède, mais ce ne fut qu'en 1951 qu'une pleine liberté de religion fut garantie par la loi. Aujourd'hui chaque citoyen suédois a le droit d'appartenir ou de réfuser l'appartenance à une communauté religieuse qu'elle soit chrétienne ou non. Seul le monarque et le ministre des cultes au gouvernement sont obligatoirement membres de l'Eglise de Suède.

A la fin du siècle dernier, l'Eglise de Suède était en partie paralysée par le pessimisme et le découragement. Au début du XXe s. se développa cependant au sein de l'Eglise un nouveau sens de son identité propre. Le mouvement "Jeune Eglise" (ungkyrkorörelsen) en fut le vecteur. Ce fut une redécouverte des racines historiques de l'Eglise et de la Nation. On insista sur le rôle vital de l'Eglise pour la société toute entière. Son identité théologique ainsi qu'une conscience de "catholicité" dans le sens de la grande tradition de l'Eglise Universelle s'affermirent.

Malgré un côté de teneur "nationaliste", apparut aussi le besoin d'une ouverture plus internationale. Les inspirateurs de ce mouvement furent l'évêque de Karlstad, J. A. Eklund (1863-1945), l'évêque de Västerås, Einar Billing (1871-1939) ainsi que le premier évêque du nouveau diocèse de Stockholm, Manfred Björkquist (1884-1985).