[Church of Sweden homepage]

Svenska kyrkans vapen   LE TRAVAIL OECUMÉNIQUE DE L'EGLISE DE SUÈDE
Directives adoptées par la Comité central et par l'assemblée des évêques

1. Introduction

1.1 Le Comité central de l'Eglise de Suède et l'assemblée des évêques ont déterminé, en 1992, les directives suivantes pour le travail interconfessionel et oecuménique de l'Eglise de Suède.

1.2 La responsabilité de l'Eglise de Suède pour les prises de position oecuméniques et pour les relations officielles avec d'autres églises repose sur le Synode de l'Eglise, le conseil central et l'archevêque avec les autres évêques. Un comité consultant aide aussi bien le conseil central que l'assemblée des évêques. Il travaille continuellement sur des questions oecuméniques. Le secrétariat oecuménique prépare et traite les sujets. La mission de l'Eglise de Suède, Lutherhjälpen (L'organisation de l'Eglise de Suède pour l'Entraide Internationale) et l'Eglise de Suède à l'étranger ont des contacts dans le monde entier et sont, pour cette raison-là, des représentants importants dans le travail oecuménique. D'autres comités nationaux et organes de l'Eglise de Suède ainsi que les organisations de la jeunesse maintiennent leurs propres relations oecuméniques.

1.3 Les directives ont pour but de

- Confirmer le devoir oecuménique de l'Eglise de Suède;

- Stimuler le dialogue sur la base et le but de l'unité chrétienne;

- Guider ceux qui portent la responsabilité principale du travail interconfessionel et oecuménique dans l'organisation de l'Eglise de Suède;

- Donner de l'inspiration aux diocesès et aux paroisses dans leur tâche oecuménique;

- Informer d'autres églises de la position de l'Eglise de Suède en ce qui concerne des questions oecuméniques.

1.4 Les conditions du mouvement oecuménique changent constamment. Quand la réciprocité des églises s'agrandit et l'unité s'approfondit, de nouvelles démarches deviennent possibles. L'unité atteinte doit constamment être confirmée et de nouveaux problèmes doivent être traités. Les directives doivent continuellement être renouvelées.

2. Notre devoir oecuménique

2.1 L'Eglise de Suède fait partie de l'église universelle et confesse la foi chrétienne apostolique. L'Eglise de Suède fait partie de toute l'histoire de l'église et de la tradition apostolique. A travers les siècles se sont développées des relations qui unissent notre église avec des églises dans d'autres parties du monde d'une manière inséparable. Ceci s'applique surtout aux églises qui partagent l'interprétation de foi de la Réformation luthérienne. Pendant le XXe siècle, les relations internationales de l'Eglise de Suède se sont agrandies. Une intercommunion avec l'Eglise Anglicane a été établie dans les années 1920 déjà. Aussi bien de manière bilatérale que dans le cadre du Conseil Oecuménique des Eglises, l'Eglise de Suède est aujourd'hui en relation étroite avec des églises de confessions différentes.

2.2 Ces dernières années, l'héritage de l'église primitive de la chrétienté concernant l'interprétation de foi, culte, sacrement et ministère a connu une actualité renouvelée. Le document "Baptême, Eucharistie, Ministère" qui présente la tradition de la foi commune des églises s'est montré significatif. L'Eglise de Suède a pris une position positive envers ce texte par son Synode.

2.3 Dans le mouvement oecuménique, histoire et temps présent, continuité et renouvellement sont réunis par province et universellement. Les églises cherchent à faire face à la sécularisation, à prêcher le Christ dans le monde des religions, les injustices grandissantes et à combattre les menaces globales de l'homme et l'environnement. Les églises cherchent l'unité, pas pour elles mêmes, mais pour que croie et vive le monde.

2.4 L'Eglise Suède a des relations oecuméniques obligeantes. Elle veut à partir de l'évangile, interprété dans la confession de notre église contribuer à l'unité chrétienne dans notre pays et dans le monde entier. L'identité de l'Eglise de Suède est rendue plus compréhensible dans la rencontre avec d'autres églises. L'Eglise de Suède partage la responsabilité pour que l'évangile soit entendu par tous les peuples, que la justice soit rétablie, que la paix soit faite et que la sauvegarde de la création soit respectée partout. Avec autrui nous pouvons partager la douleur dans le monde mais aussi maintenir vivant l'espoir du royaume de Dieu. Le lendemain vient à notre rencontre avec de nouveaux défis. La réponse de l'Eglise de Suède à celles-ci doit être formulée dans études, discussions théologiques, prises de position éthiques, cultes et actions avec d'autres églises.

2.5 L'unité visible de l'Eglise est une vocation inévitable. Le travail oecuménique est d'une importance fondamentale pour une église qui veut confesser et communiquer la foi chrétienne apostolique. Pour cela, une église qui vit par et pour l'évangile doit rechercher l'unité dans le Christ avec persévérance.

2.6 Le devoir oecuménique de l'Eglise de Suède a aussi sa racine dans la propre histoire de l'église et dans la conception d'elle-même de celle-ci. Pendant mille ans, l'Eglise de Suède a influencé la culture suédoise et s'est laissée influencer par celle-ci. Comme une grande église populaire luthérienne qui affirme toute son histoire, l'Eglise de Suède a une contribution particulière à donner aux discussions oecuméniques en même temps qu'elle se laisse corriger par les expériences d'autres églises. Le travail oecuménique de l'Eglise de Suède doit refléter les conditions actuelles et historiques de l'église.

2.7 Depuis le temps de Nathan Söderblom, l'Eglise de Suède a souvent été désignée comme une "église de pont" entre les traditions catholiques romaines, orthodoxes et celle de la Réforme. Une tradition épiscopale ininterrompue a été répandue à beaucoup d'autres églises luthériennes par l'Eglise de Suède. Dans le dialogue avec l'église catholique romaine, les églises orthodoxes et anglicanes, l'Eglise de Suède a des conditions particulières grâce à son histoire et par là une responsabilité spéciale.

2.8 En même temps, l'Eglise de Suède maintient des relations avec des églises qui ont d'autres structures ministérielles et veut approfondir celles-ci par une interprétation commune de l'évangile. Ceci est valable aussi bien en relation avec des églises luthériennes dans de nombreux pays, avec des églises libres en Suède que dans le cadre du Conseil Oecuménique des Eglises. Bien que l'Eglise de Suède considère le ministère épiscopal comme indispensable, l'interprétation commune de l'évangile est un principe supérieur.

2.9 Dans l'intérêt de l'unité chaque église doit se préparer à renoncer à quelque chose à elle. Il s'agit de positions théologiques mais aussi bien d'économie, d'organisation que d'influence. Pour une église majoritaire comme l'Eglise de Suède, la bonne volonté de se faire examiner par les autres et de renoncer à quelque chose pour l'unité est particulièrement importante.

2.10 Pour porter fruit, le travail de l'Eglise de Suède pour l'unité doit être apporté par l'engagement et le désir de beaucoup de personnes. L'unité de l'église s'exprime premièrement dans la paroisse locale. C'est là que le travail oecuménique doit être ancré et c'est là qu'il doit se manifester.

2.11 Lors de l'assemblée générale du Conseil Oecuménique des Eglises en 1961, tous les chrétiens d´un même lieu ont été invités à une unité engageante. L'unité prend forme quand hommes et femmes y partagent le pain de l´eucharistie, le service diaconal et le témoignage du salut de la grâce par la foi en Jésus Christ.

3. La base de l'unité

3.1 Parmi tous les textes de la Bible qui parlent de l'unité de l'église, le discours d'adieu de Jésus à ses disciples sont particulièrement insistantes. "Je prie afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, -moi en eux, et toi en moi, - afin qu'ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé." (Jean 17:21-23)

3.2 Dans la déclaration de programme reçue par le synode de l`Eglise en 1990, le Comité central de l'Eglise de Suède a un commentaire au texte ci-dessus. Le conseil central écrit: "Jésus parle de l'unité des chrétiens comme le témoignage qui pourrait conduire le monde à croire. Par là, il a aussi dit que le grand obstacle qui limite l'étendue de l'évangile, c´est la division de l'église chrétienne. Le modèle pour l'unité de l'église apostolique est la Trinité elle-même, l'unité du Père avec le Fils et le Saint-Esprit. C'est pourquoi la tâche oecuménique est aussi évidente qu'inévitable pour chaque église qui confesse la Trinité. Cette tâche consiste à transformer la division en une diversité réconciliée qui enrichit. Dans les relations oecuméniques nous voudrions apprendre à respecter et à apprécier les traditions de chacun."

3.3 Comme le mouvement oecuménique en général, l'Eglise de Suède prend son point de départ théologique dans la prière sacerdotale de Jésus et dans l'unité appartenant à Dieu, Dieu en trois personnes. Grâce au baptême, les hommes sont introduits dans une relation irrévocable et vivifiante avec Dieu et avec les uns les autres par le Christ dans le Saint-Esprit. Ceci est la condition fondamentale pour la solidarité et l'unité des chrétiens. Par son travail oecuménique, l'Eglise de Suède veut contribuer à mettre en évidence cette unité déjà existante dans chaque aspect de la vie de l'église comme un signe de l'unité, de la paix et de la justice que Dieu veut donner au monde entier. C'est pourquoi la prière pour l'Esprit qui donne la foi et qui unit les peuples est la tâche la plus importante sur le chemin vers l'unité visible de l'église.

4. Le but de l'unité

4.1 L'unité que recherche l'église entière du Christ trouve son expression quand les églises différentes reconnaissent leurs baptêmes et ministères, quand elles reconnaissent l'église une, apostolique et catholique les unes dans les autres et partagent le sacrement de l´eucharistie.

4.2 Pendant le XXe siècle, beaucoup d'églises se sont unies suite aux dialogues théologiques et de coopération pratique. Mais l'unité est plus profonde que cela. L'unité ne présuppose pas des formules conformes de la foi, une organisation unie ou des formes de culte identiques. L'unité est ouverte pour la diversité. Pourtant, l'unité doit prendre des expressions concrètes et continuelles dans la vie de l'église.

4.3 Il y a toujours une tension entre la catholicité qui unit toutes les églises et les formes d'expression culturellement conditionnées dans la théologie et la vie ecclésiastique des églises particulières. Le message du salut est destiné à tous les hommes et à toutes les femmes dans toutes les cultures et dans tous les temps. Dieu partage les conditions de chaque peuple et emprunte le langage de chaque temps. C'est pourquoi il y a la diversité. Au beau milieu de celle-ci, l'église doit toujours rechercher l'unité dans le Christ.

4.4 La Suède est une société avec bien des cultures où la question de l'unité dans la diversité est plus mise en évidence qu'auparavant. Avec tous ceux qui confessent le Christ, l'Eglise de Suède voudrait aller à la rencontre des gens d´autres religions qui habitent maintenant parmi nous. Quand l'église travaille d'une manière active pour l'unité des chrétiens et, avec du respect et de l'humilité, dialogue et collabore avec des gens d'autres religions, elle combat division, conflits ou oppression dans la société du pluralisme culturel.

4.5 La division du monde chrétien est la plus évidente dans les nombreuses traditions confessionnelles. Des conflits politiques, sociaux et culturels ont renforcé - au point de vue historique - avec des divergences d'opinions théologiques, des interprétations différentes de la foi apostolique et ont conduit à une division d'église. Le dialogue de nos jours entre les églises a écarté beaucoup de préjugés et de malentendus et a mené à une compréhension approfondie du fait qu'une seule et même foi peut s'exprimer de plusieurs façons. L'église vit avec et par l'évangile et y réfléchit constamment. Il fait partie de cette réflection d'examiner ce qui se laisse concilier avec l'évangile dans tout ce que disent et font les églises.

4.6 Lors de l'assemblée générale à Nairobi en 1975, le Conseil Oecuménique des Eglises a décrit sa tâche comme "appeler les églises au but qui consiste en l'unité visible d'une seule et même foi et de la même communauté eucharistique exprimée dans le service religieux et dans la vie commune dans le Christ pour que croie le monde". Le but est donc que tous les chrétiens puissent se rencontrer au repas d'action de grâces - l'eucharistie. A la prochaine assemblée générale, à Vancouver en 1983, ce but a été accentué encore plus fort. Liturgie et diaconat, prédication et guérison forment un tout. Dans l'eucharistie, la vie chrétienne est résumée. C'est là que se rencontrent terre et ciel, homme et Dieu. "L'eucharistie renferme tous les côtés de la vie. Elle est une action représentative de louange et de sacrifice de la part du monde entier.... Toutes sortes d'injustices, de racisme, de ségrégation des hommes et d'absence de liberté sont radicalement mises en question quand nous partageons le corps et le sang du Christ. Dans l'eucharistie, la grâce de Dieu qui fait tout renaître, traverse et rétablit la personne et la dignité de l'homme." A l'assemblée générale à Canberra en 1991, cet objectif a été confirmé avec accentuation particulière sur le fait que c'est le Saint-Esprit qui donne la soif et la faim d'une communauté complète et que l'unité déjà existante est le fruit de la présence active de l'Esprit parmi nous.

4.7 Chaque paroisse locale dispose de l'évangile dans toute sa richesse et célèbre son service religieux avec les fidèles dans tous les temps et dans tous les pays. Mais dans l'eucharistie, la division de l'église devient le plus importune car tout le monde ne peut pas encore partager le pain et le vin de l´eucharistie les uns avec les autres.

4.8 Le mouvement oecuménique est réuni autour de l'objectif que tous les baptisés puissent partager le repas du Seigneur. C'était un thème principal du discours de l'archevêque à l'occasion de la visite du pape à la cathédrale d'Uppsala en 1989. "Nous avons déjà reconnu le baptême des uns des autres. Les baptisés devraient pouvoir se réunir autour de la même table". Il a aussi actualisé la question pendant le service religieux oecuménique dans la Cathédrale St. Pierre de Rome à l'occasion du jubilé de Brigitte en 1991. Mais il y a deux façons de regarder la célébration commune de l´Eucharistie. Certaines églises veulent célébrer la communité ensemble malgré la division afin d'anticiper l'unité qu'on recherche, d'autres considèrent l´Eucharistie comme une confirmation de l'unité et veulent, pour cela, attendre que l'unité complète soit atteinte en doctrine, confession et vie.

4.9 L'unité "pour que croie le monde" veut aussi dire que l'église du Christ devient du sel et de la lumière dans la société, qu'elle défend justice et vérité, qu'elle fait respecter l'inviolabilité de la vie humaine et qu'elle veille sur toute la création dans un monde qui est très menacé et injuste. Dans cette tâche-là, les églises doivent encourager et corriger les unes les autres et constamment rechercher des chemins pour donner un témoignage commun, digne de foi.

5. Des chemins pour l'unité

5.1 Sur le chemin vers l'unité visible, les églises travaillent sur un approfondissement de leur propre foi. Dans prière et culte, enseignement et prédication, service et témoignage, les hommes s'unissent avec le Christ. Les connaissances des mystères de la foi que donne l'Esprit mûrissent. On a l'habitude de dire "Plus on s'approche du Christ, plus on s'approche de l'unité". Des hommes et femmes, des églises et des communautés s'approchent les uns les autres quand leurs vies intérieures se soutiennent, s'approfondissent et se renouvellent par la parole vivante de Dieu et par les sacrements de la grâce. C'est pourquoi la vitalité spirituelle, la profondeur théologique et la fraîcheur liturgique de l'église et de la paroisse sont décisives pour l'unité. L'Eglise de Suède reçoit de nombreuses impulsions d'autres églises pour le renouvellement du service religieux, la prière et la théologie. Elle a pu donner des dons elle-même à d'autres églises, par exemple des cantiques nouveaux. L'Eglise de Suède veut continuer à recevoir activement ce qu'offre d'autres traditions de foi et soutenir, de sa part, l'approfondissement et le renouvellement de la vie spirituelle des églises avec lesquelles elle coopère.

5.2 Les discussions théologiques sont importantes sur le chemin vers l'unité. L'Eglise de Suède soutient des dialogues internationaux organisés par le Conseil Oecuménique des Eglises et par la Fédération Luthérienne Mondiale et participe elle-même dans des dialogues avec plusieurs églises en Suède. Ces discussions traitent des questions de doctrine comme la théologie de la justification, des questions concernant la vue ecclésiales, le ministère et les sacrements, des questions pastorales comme mariage mixte et des questions éthiques dans la vie de la société et du particulier.

5.3 Les églises recherchent constamment des possibilités d'exprimer et de développer l'unité les unes avec les autres dans une coopération pratique. Le mouvement oecuménique a apporté d'importantes contributions sociales et diaconales, a inspiré à la mission et à l'évangélisation et a procuré une perspective intégrale très importante pour la vision des églises de leur tâche. Pendant les dernières années, cette perspective intégrale a été résumée comme "paix, justice et la sauvegarde de la création". L'archevêque Nathan Söderblom a fondé le mouvement Life & Work qui a été attaché au Conseil Oecuménique des Eglises plus tard. C'est pourquoi l'Eglise de Suède a une responsabilité particulière de faire suivre ce travail.

5.4 Dans les relations mutuelles des églises il y a une histoire de malentendus réciproques, de mépris et de condamnations. Dans le travail oecuménique, il est pour cela important de faire disparaître de telles choses et d'examiner ce que pourrait toujours être valable des prises de positions critiques antérieures. Ainsi, les églises luthériennes et l'église catholique romaine, p.ex., ont réalisé une étude considérable de condamnations mutuelles. L'Eglise de Suède se déclare prète à contribuer à ce que celles-ci soient officiellement déclarées non valables aussi vite que possible. L'Eglise de Suède veut aussi examiner, si besoin en est, en relation avec d'autres églises, des prises de positions négatives antérieures avec pénitence objective.

6. La confession d'Augsbourg

6.1 Dans les églises luthériennes, la confession d'Augsbourg de 1530 (Confession Augustana) est un document d'une importance décisive. Il a été créé dans une tentative à sauvegarder l'unité de l'église. Il indique dans son septième article ce qui est nécessaire pour l'unité de l'église. Une traduction de l'original allemand porte: "Il est aussi enseigné que la sainte église chrétienne va toujours exister et rester. Elle est le rassemblement de tous les croyants parmi lesquels l'évangile est prêché clairement et les sacrements saints sont administrés conformément à l'évangile. Il suffit pour la vraie unité de l'église chrétienne que l'évangile, comprise avec entente et de façon pure, y soit prêché et que les sacrements y soient administrés conformément à la Parole divine. Et il n'est pas nécessaire pour la vraie unité de l'église chrétienne qu'on utilise partout des cérémonies uniformes établies par les hommes, comme le dit Paul aux Ephésiens ch.4 'Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême'. Ce texte est le guide pour le travail oecuménique de l'Eglise de Suède même s'il a été créé dans une situation toute différente de la nôtre. A cette époque-là, il s'agissait de sauvegarder une unité menacée. Aujourd'hui, il s'agit de rétablir une unité brisée.

6.2 Les églises luthériennes ont tiré des conclusions différentes du texte surtout en ce qui concerne la liberté des églises de former organisation, culte et ministère. Dans de différentes discussions interconfessionnelles, on a confirmé que le centre de la foi chrétienne est l'évangile au sens de la justification de grâce par la foi de Jésus Christ donnée aux hommes par la parole et les sacrements. L'Eglise de Suède partage l'opinion qu'il est permis d'avoir de la diversité et de la liberté dans les formes d'expression de l'église, mais souligne la nécessité du ministère de l'église pour la prédication de l'évangile (comparer le 5e article de la confession d'Augsbourg).

6.3 Il reste la tâche d'approfondir encore plus la compréhension sur l'essence et la nature de l'église. Un domaine problématique est donc comment voir sur le ministère de l'église. Des dialogues entre les églises sont en cours concernant la façon dont doit se former le ministère. Une entente importante a été obtenue. Un deuxième domaine problématique est l'ampleur de l'unité de doctrine qu'il faut pour une communion dans le ministère et le sacrement. Un troisième traite de l'importance de l'église visible pour le salut et du caractère sacramental ou instrumental de l'église. Dans des discussions théologiques différentes, on insiste sur des domaines problématiques différents.

6.4 L'Eglise de Suède cherche à parler de manière conséquente dans les discussions différentes en partant du centre qu'est l'évangile dans toute la vie de l'église, dans la propre tradition confessionnelle, dans l'histoire oecuménique et dans la vue ecclésiale de l'Eglise de Suède. Dans les dialogues avec d'autres églises, l'Eglise de Suède formule son opinion d'elle-même et obtient par là un profil comme église de plus en plus distinct. Sans suffisance, l'esprit ouvert pour les autres et consciente de l'héritage particulier que gère l'Eglise de Suède dans la famille spirituelle luthérienne, l'Eglise de Suède doit formuler sa position avec clarté et conséquence envers des églises de caractères très différents. Ceci nécessite que tous les dialogues soient continuellement coordonnés, que les résultats soient évalués et ancrés et que le Comité central de l'église et les évêques soient bien informés de la direction et du contenu de ces dialogues.

7. La Fédération Luthérienne Mondiale

7.1 L'Eglise de Suède est une communauté de foi évangélique luthérienne et elle a pour cela ses relations les plus proches avec d'autres églises luthériennes dans les pays nordiques, en Europe et dans le monde entier. Ces relations doivent être maintenues et approfondies. En se basant sur la confession commune, l'Eglise de Suède partage la communauté de l'Eucharistie et de prédication avec toutes les églises qui sont membres de la Fédération Luthérienne Mondiale.

7.2 La Fédération Luthérienne Mondiale, dont l'Eglise de Suède est la plus grande église membre, a été fondée à Lund en 1947. Avec plus de cent églises membres, l'Eglise de Suède partage la responsabilité du développement vers une communauté d'église luthérienne de plus en plus profonde. La qualité de membre de l'Eglise de Suède dans la Fédération Luthérienne Mondiale va continuer. La communauté et les possibilités de contributions internationales offertes par la Fédération Luthérienne Mondiale sont indispensables. L'Eglise doit s'opposer à ce que la collaboration confessionnelle créent des oppositions à d'autres traditions de foi et, par tous les moyens, contribuer à ce que la Fédération Luthérienne Mondiale rende service au mouvement oecuménique élargi.

7.3 Dans le cadre des dialogues interconfessionnels de la Fédération Luthérienne Mondiale, des prises de positions luthériennes concernant des questions oecuméniques sont formulées qui conseillent mais qui ne sont pas engageantes pour l'Eglise de Suède. L'Eglise de Suède doit rechercher une coordination de ses dialogues nationaux et internationaux. L'Eglise doit tenir la Fédération Luthérienne Mondiale au courant de ses propres initiatives oecuméniques bilatérales d'importance particulière.

8. Conseil Oecuménique des Eglises

8.1 L'Eglise de Suède a joué, et joue toujours, un rôle proéminent au Conseil Oecuménique des Eglises. La conférence de Stockholm en 1925 (Life & Work) a mis la base pour la prise de responsabilité éthique sociale du Conseil Oecuménique des Eglises. Une conférence à Lund en 1952 (Faith & Order) a montré le chemin du travail oecuménique pour plusieurs années. L'Assemblée générale à Uppsala en 1968 a été d'une importance primordiale. La conférence de Life & Peace à Uppsala en 1983 était une contribution suédoise au travail continu sur des questions de paix. Aujourd'hui, l'Eglise de Suède participe pleinement dans le travail du Conseil Oecuménique des Eglises. Des subventions de la Mission de l'Eglise de Suède, de la Fédération Luthérienne Mondiale et de ASDI (Swedish International Development Association Suédoise Internationale de Développement), font de l'Eglise de Suède l'un des plus grands donateurs.

8.2 L'Eglise de Suède continue de renforcer encore son rôle au Conseil Oecuménique des Eglises. Elle doit examiner les conditions pour une prise de responsabilité économique augmentée. Par des représentants dans des comités différentes, elle veut contribuer au renouvellement de vision, de théologie et de programme qui est nécessaire pour que le Conseil Oecuménique des Eglises donne, aussi dans le futur, sa voix aux églises et a toutes les personnes dans les églises. L'Eglise de Suède soutient les efforts du Conseil Oecuménique des Eglises pour donner pleine participation aux enfants, aux jeunes et aux femmes dans tous les domaines de la vie des églises membres.

9. L'Europe

9.1 L'Europe est un continent divisé avec des oppositions historiquement fortes entre le nord et le sud, l'est et l'ouest, entre des groupes ethniques et des intérêts économiques. Mais toute l'Europe est marquée par la foi chrétienne, prêchée et gérée par trois grandes traditions de foi, une orthodoxe, une catholique romaine et une évangélique. C'est la tâche des églises de "donner une âme à l'Europe" et de défendre la valeur et la dignité de tous les hommes quand la communauté économique et politique se construit. Il est d'une importance décisive pour l'unification de l'Europe, que les trois grandes traditions de foi vivent en réconciliation les unes avec les autres et défendent la sincérité de l'Europe envers d'autres continents et cultures.

9.2 Dans sa prise de responsabilité en Europe, l'Eglise de Suède veut accentuer que toutes les trois grandes traditions de foi ont des contributions authentiques à donner à la culture spirituelle de l'Europe et veut contribuer à leur réconciliation et unification. Dans son rôle comme "église de pont", l'Eglise de Suède désire développer des relations avec des églises orthodoxes et catholiques romaines et, en même temps, fortifier ses liens avec des églises luthériennes et d'autres églises évangéliques et surtout tenir compte des besoins des églises minoritaires. Dans cette tâche-là, l'Eglise de Suède veut développer sa collaboration avec les églises anglicanes en Europe.

9.3 La collaboration ecclésiastique européennes se fait principalement dans le cadre de la Conférence des Eglises Européennes. Une proche collaboration approfondie et étendue entre ses églises membres est indispensable aussi bien dans l'analyse du développement, dans des contributions concrètes dans la société, dans la renaissance spirituelle et dans l'évangélisation que dans l´expression d'une vision commune de justice, d'esprit ouvert et de paix en Europe. L'Eglise de Suède va renforcer son engagement et sa prise de responsabilité économique dans la Conférence des Eglises Européennes et contribuer à ce qu'elle établisse un lien avec d'autres organes nécessaires aux autres églises européennes pour leur collaboration. L'Eglise de Suède veut aussi contribuer au renforcement de sa collaboration avec la Conférence d'Evêques Catholiques Romaines Européenne.

9.4 L'Eglise de Suède participe comme observatrice aux discussions entre les églises luthériennes et réformées en Europe d'après la convention de Leuenberg en 1973. L'Eglise de Suède n'a pas signé cette convention, mais elle a des raisons pour la prendre en considération et pour prendre part au dialogue oecuménique qui prend son point de départ dans cette convention.

9.5 L'Eglise de Suède participe au travail de l'Assemblée des Eglises Nordico-Allemande depuis 1949. Cet organe a eu un rôle partiellement nouveau par le fait que les églises baltiques y prennent part et c'est pourquoi il est toujours un forum important. L'Eglise de Suède compte continuer à participer.

9.6 Autour de la mer Baltique, les trois traditions de foi de l'Europe sont représentées par de grandes églises nationales catholiques romaines, orthodoxes et luthériennes. Ici on retrouve certaines des expressions les plus vitales de la foi chrétienne en Europe, mais aussi les endroits les plus sécularisés. L'Eglise de Suède a l'intention de continuer à développer la collaboration des églises autour de la Baltique, en premier lieu avec les églises luthériennes mais aussi avec les églises catholiques romaines et les églises orthodoxes. Beaucoup de véritables contacts paroissiaux sont établis dans les pays baltiques. Ils doivent être coordonnés par le secrétariat oecuménique du conseil central. L'Eglise de Suède a aussi une responsabilité particulière pour le contact avec les églises de la Calotte polaire.

10. Les pays nordiques

10.1 L'Eglise de Suède appartient à la même famille spirituelle que les autres églises nationales luthériennes dans le Nord. La communauté et la collaboration avec celles-ci sont évidentes mais de plus en plus importantes. Les évêques nordiques luthériens se rassemblent régulièrement. En général, les églises nordiques sont représentées à toutes les consécrations d'évêque. Il existe un réseau de relations formelles et informelles entre les églises. Malgré le fait que les églises sont différentes entre elles, elles aspirent à paraître ensemble dans des occasions oecuméniques internationales et, si possible, à représenter les mêmes points de vue. L'Eglise de Suède désire sur tous les plans approfondir les relations avec les églises nationales luthériennes dans les pays nordiques.

10.2 Le Conseil Oecuménique Nordique, fondé pendant la deuxième guerre mondiale, joue un rôle important. L'Eglise de Suède doit continuer à soutenir le Conseil Oecuménique Nordique et son secrétariat d'église nationale dans leur tâche d'inspirer, d'informer et de coordonner la collaboration des églises nordiques.

10.3 L'Eglise de Suède voudrait développer des contacts entre les évêques luthériens et catholiques romains dans les pays nordiques. Une réunion a eu lieu et une autre est prévue pour 1993.

11. La Suède

11.1 L'Eglise de Suède est membre de la Commission Oecuménique Suédoise depuis sa fondation. L'Eglise de Suède a soutenu la formation du Conseil Chrétien Suédois. Un tel conseil doit être un forum ouvert à toutes les églises chrétiennes du pays et un outil efficace et évident pour l'unité des églises et pour leur prise de responsabilité commune. Svenska Missionsradet (Conseil des Missions Suédois), Sveriges Kristna Ungdomsrad (Conseil Chrétien Suédois pour la Jeunesse), Kyrkornas U-forum (Forum des Eglises pour l'aide au développement) et d'autres organes doivent être liés plus étroitement au Conseil Chrétien Suédois.

11.2 L'image oecuménique est en train de changer en Suède. Tout d'abord par l'immigration, l'église catholique romaine a grandi vigoureusement et elle est maintenant la plus grande église à côté de l'Eglise de Suède. Les églises orthodoxes de l'est et les églises orthodoxes orientales ont aussi augmenté en nombre. L'accroissement des églises libres traditionnelles suédoises s'est arrêté. En même temps, des communautés du genre "évangélique fondamentaliste" sont en accroissement. Ces changements motivent une réflection renouvelée au sujet de la responsabilité oecuménique et des priorités de l'Eglise de Suède.

11.3 L'Eglise de Suède a établi une collaboration très avancée avec Evangeliska Fosterlandsstiftelsen (la Société National Evangélique de Suède) comme un mouvement de renouvellement interne dont les pasteurs sont désormais consacrés dans l'Eglise de Suède.

11.4 A deux reprises, des dialogues bilatéraux ont été menés entre l'Eglise méthodiste suédoise et L'Eglise de Suède. Quand le dialogue a été terminé et les églises ont décidé comment on va réaliser les résultats des dialogues, l'organisation ecclésiastique nationale doit activement chercher des formes pour le processus de réception dans l'Eglise de Suède.

11.5 Durant les prochaines années, l'Eglise de Suède va concentrer ses dialogues bilatéraux au Svenska Missionsförbundet (Eglise Missionaire Evangélique de Suède) et au diocèse catholique de Stockholm. Les possibilités d'un dialogue plus formalisé avec les églises orthodoxes dans le pays sont examinées. Cette concentration de dialogues doctrinaux officiels ne doit pas avoir lieu aux dépens de la collaboration continue avec les églises libres suédoises dans toute leur étendue.

11.6 Le mouvement oecuménique est un mouvement parmi les hommes et femmes des paroisses. Le travail oecuménique ne doit pas devenir rigide dans ses formes ou être réduit à la politique d'église officielle. C'est une grande responsabilité pour les dirigeants des églises d'encourager les engagements oecuméniques des hommes et femmes, des paroisses et des diocèses, et d'essayer de répondre, d'un esprit ouvert, à leurs désirs et espoirs. A chaque service religieux et surtout pendant la semaine oecuménique de prière pour l'unité chrétienne, chacun est invité à confesser le péché de division et participer à la prière de Jésus pour l'unité de l'église. L'Eglise de Suède donne de grandes libertés au particulier de prendre part, d'après sa conscience et sa foi, au travail et au service religieux d'autres églises, mais elle veut exhorter au respect pour l'ordre des autres églises. Par le baptême au nom du Dieu Trinitaire, l'homme est incorporé dans l'église du Christ. Les grandes églises reconnaissent le baptême des autres églises. Sur cette base commune, chaque chrétien doit prendre sa responsabilité oecuménique.

11.7 L'engagement à l'unité qui est valable pour l'église mondiale est aussi valable pour chaque église individuelle. Le travail oecuménique est donc en relation avec l'unité dans l'Eglise de Suède. L'unité qu'expriment les paroisses et toute l'église dans prédication, sacrement et diaconat détermine la crédibilité en relation avec d'autres communautés. Les dialogues dans les églises et entre les églises nourissent les uns les autres.

PRIERE

Père, Fils et Saint-Esprit, toi saint Dieu, toi sainte Trinité, la source de toute unité:
rends-nous fervents dans le service de réconciliation.
Fais que l'unité invisible de ton église devienne visible
pour que le monde puisse croire.
Fais de ton église, la bénie,
un signe pour les hommes
que tu sauve et maintienne le monde.
Entoure-la de la gloire
qui rayonne du visage du Christ.
Laisse-nous te rencontrer, toi Dieu trinitaire,
le but de l'unité,
Père, Fils et Saint-Esprit.
Amen.